L’encens est un voyage immobile, une porte ouvrant sur le sacré

L’encens est un voyage immobile

Il y a 100 000 ans, nous avons commencé à faire des sépultures pour les morts, et sans doute à nous poser des questions sur la vie, la mort et sur ce qu’il y a après. Ainsi, avec les premiers cultes sont apparus totems, sacrifices, offrandes, mantras, chants sacrés, incantations magiques, prières, le jeûne, l’utilisation des plantes et champignons hallucinogènes, etc. Et l'encens qui depuis cette aube des temps accompagne les rituels et cérémonies sur tous les continents, des chamans, guérisseurs, sorcières, prêtresses, magiciens, nécromanciens, mystiques et prêtres. L’encens est un médium, le support, le véhicule et le messager des prières dans le silence des temples ou dans la transe au rythme hypnotique des tambours, il est un voyage immobile vers ce qui est au-delà des mots et nous transcendent, une porte vers l’absolu.

Une offrande sacrée

Depuis, l’origine de l’humanité, jusqu’à notre civilisations avancées, dans toutes les religions indouisme, bouddhisme, judéo-christianisme et l’islamisme, l’encens s’utilise pour sanctifier, bénir, honorer. Il est au centre du sacré, sa fumée évoque, la douceur de la présence de la divinité.

Dans la messe, l’encens est un pont entre terre et ciel avec pour inscrire la présence de Dieu. C’est la prière des fidèles qui monte vers le ciel : « Que ma prière devant toi s’élève comme un encens et mes mains, comme l’offrande du soir. » (Ps 141,2)

Dans le talmud, la dernière Mitsva (commandement) concerne la construction d’un autel à encens en or. L’offrande de l’encens – la Kétoreth – constituant le point culminant des différents rites et services faits dans le Sanctuaire. A l’instar de l’encens offert dans le Temple, le service de Hachem fait dans la discrétion (La discrétion est la forme la plus parfaite pour entreprendre une bonne action) cause et engendre la manifestation de Ché’hina – la Présence Divine – à travers le monde.
Likouté Si’hoth Vol 1 et XXI

L’emploi idolâtrique ou profane de l’encens, était proscrit en ces termes :

Puis Jéhovah dit à Moïse : « Prends des quantités égales de ces parfums : des gouttes de stacté, de l’ongle odorant, du galbanum parfumé et de l’oliban pur.  Fais-​en un encens ; ce mélange d’aromates devra être habilement réalisé, salé, pur et saint. Tu en broieras une partie en poudre fine et tu en mettras un peu devant le Témoignage dans la tente de la rencontre, là où je me présenterai à toi. Pour vous, il sera très saint." (Exode 30:34-36)
 “ L’encens que tu feras de cette composition, vous ne pourrez pas en faire pour vous-​mêmes. Ce sera pour toi une chose sainte, réservée à Jéhovah. Quiconque en fera de semblable pour en savourer l’odeur devra être retranché de son peuple. ” (Exode 30:37, 38).

Cette mise en garde, est faite pour deux choses :

-Nous inciter à utiliser l’encens le plus pur, puisque Dieu ne saurait se contenter, pour une offrande lui étant destiné et pour accueillir sa présence manifestée, d'encens frelaté.
-D'user de l'encens en conscience, d’ailleurs comme tout ce que l’on fait, car si notre nature est divine, il n'y a rien d'anodin et chacun de nos actes, et la moindre de nos pensées à de l'importance.

Dans notre époque coupée du sacré, l’encens a encore donc toute son utilité pour nous redonner un peu de sérieux face à la vie et ce que l’on en fait :

De la sainte Église catholique au tube cathodique.

Avec le modernisme a disparu le sacré, les temples sont aujourd’hui les supermarchés, nous avons quittés la terre, notre jardin, la source de notre subsistance, pour des mirages de progrès : gagner sa pitance est harassant et n’a plus de sens. Alors pour combler ce vide et tuer le temps, nous sommes avachis sur un canapé à contempler une télé, à absorber de la violence et des publicités. Pour vivre, travailler, manger et penser, nous dépendons entièrement des multinationales, qui passent leurs temps à nous donner envie d’acheter toujours plus. Nous avons oublié tout ce qui est bon et gratuit que la nature nous offre, nous avons délaissé la terre, l’encens et la transe, nos Dieux sont la consommation et l’argent. Nous sommes les victimes consentantes d’une guerre qui anéantit les traditions, détruit la planète, enchaîne notre corps et notre esprit devant les écrans, pour nous transplanter dans un monde virtuel, nous soumettre aux machines et acter la mort de notre vie spirituelle, le renoncement à notre Humanité.

L’encens un univers oublié

LE MONDE S’EST DÉSHUMANISÉ

" À mesure que la connaissance scientifique progressait, le monde s’est déshumanisé. L’homme se sent isolé dans le cosmos, car il n’est plus engagé dans la nature et a perdu sa participation affective inconsciente avec ces phénomènes.

Les phénomènes naturels ont lentement perdu leurs implications symboliques. Le tonnerre n’est plus la voix irritée d’un dieu, ni l’éclair son projectile vengeur. La rivière n’abrite plus d’esprits, l’arbre n’est plus le principe de vie. Les pierres, les plantes, les animaux ne parlent plus à l’Homme et l’Homme ne s’adresse plus à eux.

Son contact avec la nature a été rompu, et avec lui a disparu l’énergie affective profonde qu’engendraient ses relations symboliques." C.G. JUNG, l’Homme et ses symboles.


Pour en savoir plus sur : les religions premières

 

ENCENS TRADITIONNEL DES ALPES

PUR, NATUREL & MÉDICINAL
Issu de résine sauvage, récoltée à la main dans les Alpes
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